LE CRAYON S’EMPARE DE LA PHOTO : Nilüfer Demir, Aylan un symbole du drame migratoire

Publié par Alexandre FAURE

Vendredi 22 avril 2022 | Histoire

© Uri Fink (Israël) © Uri Fink (Israël)

Témoins ou mémoires de leur temps ? Plusieurs photos réalisées en périodes de conflit, par l’émotion et l’indignation qu’elles ont suscitées, ont fait le tour de la terre. Elles sont devenues des symboles revisités par les dessinateurs de presse. À l’occasion de notre prochaine exposition itinérante : "Au bout du crayon : Exilés, Migrants, Réfugiés : Caricatures, dessins de presse et liberté d’expression", le Crayon propose un zoom sur celle d’Aylan, photo choc du drame des migrants. Dessinatrices et dessinateurs, à vos crayons ! Nous attendons vos dessins. Grands mercis à ceux qui ont déjà répondu à notre appel.

La photo choc du drame des migrants

Le 2 septembre 2015, le monde entier est secoué par la photo d’un enfant syrien de trois ans retrouvé gisant mort sur une plage de Turquie, alors que sa famille (native de Kobané, dans le nord de la Syrie, mais vivant depuis plusieurs années à Damas) tentait d’atteindre l’Europe à bord d’une embarcation de fortune. La photo, bouleversante, du petit Aylan Kurdi réalisée par Nilüfer Demir fera le tour du monde. L’image du cadavre d’Aylan, tee-shirt rouge et short bleu, face contre terre, a envahi les réseaux sociaux sous le mot-dièse #KiyiyaVuranInsanlik qui signifie « L’humanité échouée » en turc. Elle est devenue un des hashtags les plus partagés sur Twittter.

© Côté (Canada) © Kak (France)

 

© Chappatte (Suisse)

© Samson (France) © Kichka (Israël)

Comme toujours maintenant, des rumeurs ont envahi les réseaux sociaux. Beaucoup se sont émus, certains y sont allés d'un "like" stupide, sans se poser de questions sur leur geste, d’autres ont parlé de manipulation, de mise en scène macabre. D'autres enfin, ont même été jusqu’à avancer que la photo servait à accuser le président syrien Bachar Al-Assad.

© Trax (France) © Ali Hamra (Syrie, dessinateur de presse réfugié en France)

 

L’émotion internationale suscitée par ce drame resta cependant sans lendemain. Pire que cela, le 23 juin à Francfort, des militants d’extrême droite, en inscrivant le slogan de haine : « Les frontières sauvent des vies. », vandalisaient une fresque murale de 6 mètres de haut par 20 mètres de large réalisée par les artistes Ogus Sen et Justus Becker, représentant le jeune enfant noyé.

© Saad Hajo (Syrie – Suède) et Firas-Bachi (Syrie – États-Unis-d’Amérique)

 

© Jiho (France) © Babouse (France)

© Trax (France) © Swaha (Liban)

© Antonio Antunes (Portugal) © Elchicotriste (Espagne)

© Nani (Colombie – Espagne) et - © Erdogan Karayel (Turquie)

La crise humanitaire déclenchée aujourd’hui par l’invasion de l’Ukraine par la Russie remet à l’ordre du jour, dans une Europe toujours en panne de solidarité, cette photo qui était devenue le symbole du drame migratoire.

© Kusto (Ukraine) et © Vladimi Kazanevsky (Ukraine )

 Alexandre FAURE

Remerciements à :

Ali Hamra (Dessinateur Syrien réfugié en France), Antonio Antunes (Portugal), Babouse (France), Chappatte (Suisse), Côté (Canada),  Elchicotriste (Espagne), Firas-Bachi (Syrie – États-Unis-d’Amérique),  Jiho (France), Kak (France), Vladimi Kazanevsky (Ukraine ), Michel Kichka (Israël), Kusto (Ukraine), Saad Hajo (Syrie – Suède), Samson (France), Swaha (Liban), Trax (France), Uri Fink (Israël) qui nous ont adressé ces dessins en vue de notre future exposition itinérante : "Au bout du crayon : Exilés, Migrants, Réfugiés : Caricatures, dessins de presse et liberté d’expression"

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© Côté

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