ATELIER D’EXPRESSION LIBRE, LA SELFIE THERAPIE, QUAND DIRE C’EST FAIRE !

Publié par Valérie DIREZ

Jeudi 17 novembre 2016 | Education

Atelier selfie thérapie avec les élèves du collège Berty Albrecht de Sainte-Maxime dans le Var Atelier selfie thérapie avec les élèves du collège Berty Albrecht de Sainte-Maxime dans le Var

Faire la connaissance de jeunes élèves, dans le cadre de l’atelier selfie thérapie est à chaque fois une expérience nouvelle et enrichissante ! Cette fois-ci, avec les élèves de 5eme artistique du collège Berty Albrecht de Sainte-Maxime dans le Var, en plus d’être tout cela elle fut même enthousiasmante !

L'atelier selfie thérapie dans une salle de la médiathèque au cœur du Carré Léon Gaumont de Sainte-Maxime.

Alors que nous ne nous sommes jamais rencontrés, nous nous retrouvons là ! Là, c’est au cœur du Carré Léon Gaumont de Sainte-Maxime où toute l'équipe de  la médiathèque nous accueille. Une vaste salle est mise à notre disposition durant 4 heures de travail.

Quelques marches nous séparent du reste du monde et nous les empruntons avec l’impression de franchir le seuil d’un monde à part, délimité par de lourds rideaux noirs.  Des lampes posées sur une grande table sombre éclairent d’une lumière chaleureuse et nous invitent silencieusement  à laisser libre cours à notre imagination et à notre énergie créatrice. A cet instant règne le calme, la température est parfaite. L’ambiance théâtrale rappelle celle de l’avant levé de rideau …

Bien vite, les élèves de la cinq A (A comme artistique) du collège Berty Albrecht arrivent.  Accompagnés de leurs professeurs de littérature et d’arts plastiques, et de Madame Aumage, documentaliste du collège, ils investissent l’espace très rapidement, leurs sacs d’écolier laissés de côté organisent  un désordre sympathique. Ils sont prêts, motivés, débordent d’énergie.

 

Il s’agit donc  de communiquer une ambition, de la faire partager ! Cette ambition consiste à travailler ensemble, sur un sujet qui par nature relève du domaine de l’intime, du personnel, de l’individuel.  Parler de soi, tel que nous nous connaissons à l’instant même ou nous nous réunissons pour la première fois, en évitant le piège tendu de la confession intime.  Dépasser la dimension contradictoire d’un tel défi, puisqu’il s’agit d’aller puiser en soi-même, dans le monde abyssin de la vie intime, les ressources personnelles pour présenter au monde un objet qui nous ressemble, qui parle de nous, un instantané de soi, bref un selfie !

« Je n’ai rien à dire, je ne sais pas quoi dire », telles sont en un premier temps les différentes phrases qui jaillissent pour exprimer toute la pudeur et la peur auxquelles chacun se trouve confronté. Il y a dans un premier temps la perception océanique du vide qui nous habite. Exposer aux autres et à soi-même l’invisible qui nous constitue, nos sentiments, nos émotions, ouvrir une fenêtre sur notre monde intime n’est pas chose aisée et parait à chacun dans un premier temps inutile, mais surtout impossible ! Puis vient le temps ou l’on s’aperçoit que parler de soi, ne passe pas nécessairement que  par les mots. 

 

Comment  parler  de soi, évoquer son monde intérieur lorsque l’on a 12 ans, que  l’on est ce que l’on vit et que l’on aime ce que l’on fait ! ? Il est proposé d’y réfléchir… bien vite ce temps de réflexion laisse sa place à l’action ! Au bout de leurs perches télescopiques, des téléphones mobiles surgissent. Tout est un peu confus, mais rapidement, on s’assoit, on s’empare de feuilles, de crayons, on dessine, on colorie, on coupe, on colle. Les élèves sont venus accompagnés d’un objet personnel, source d’inspiration, prolongement de soi, qui est déposé sur la table, mis en évidence,  avec fierté. Véritable compagnon, il donne de la confiance à chacun.  Il est le symbole du monde auquel appartient chacun des élèves présents, un monde sans fêlure, un monde que l’on quitte toujours malgré soi, celui de l’enfance. 4 heures plus tard, chaque élève est portraituré. Chacun pose accompagné de sa création, sorte de prolongement de soi-même qui prend la place de l’élève et joue parfois  le rôle du masque comme dans la comedia dell arte. Finalement pour bon nombre, parler de soi ne signifie pas seulement exposer son image. La plus part ne choisiront pas seulement les mots pour parler d’eux et préfèreront se dévoiler en mettant en scène le personnage qu’ils auront créé et qui leur ressemble.

Valérie DIREZ

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