Le Vote ou la conquête de la liberté

Publié par Heliane BERNARD & Alexandre FAURE

Samedi 05 décembre 2015 | Actualité

© Ian Berry, 27 avril 1994, premier vote des noirs en Afrique du Sud. © Ian Berry, 27 avril 1994, premier vote des noirs en Afrique du Sud.

Quand je me suis avancé vers le bureau de vote, j’ai évoqué le souvenir des héros qui étaient tombés afin que je puisse me trouver là… (Mandela, 27 avril 1994)

Quand je me suis avancé vers le bureau de vote, j’ai évoqué le souvenir des héros qui étaient tombés afin que je puisse me trouver là, aujourd’hui, ces hommes et ces femmes qui avaient fait le sacrifice suprême pour une cause qui avait finalement triomphé. J’ai pensé à Oliver Tambo et à Chris Hani, au chef Luthuli et à Bram Fischer. J’ai pensé à nos grands héros africains qui s’étaient sacrifiés pour que des millions de Sud-Africains puissent aller voter aujourd’hui.

    En ce jour du 27 avril 1994, je ne suis pas entré seul dans le bureau de vote ; quand j’ai déposé mon bulletin, ils m’entouraient tous.

    Les images des  Sud-Africains se rendant aux bureaux de vote sont restées gravées dans ma mémoire. De longues files de gens patients qui serpentaient sur des routes boueuses ou dans les rues des villes ; de vieilles femmes qui avaient attendu un demi-siècle pour pouvoir voter, disant que, pour la première fois de leur vie, elles avaient l’impression d’être des êtres humains ; des blancs, hommes et femmes, affirmant leur fierté de vivre enfin dans un pays libre.

        Nelson Mandela, extrait de Un long chemin vers la liberté.

Commencé en 1974 au pénitencier de Robben Island, Nelson Mandela achève le récit de ses souvenirs, en 1990, à l'issue de vingt-sept années de détention.

Le chemin de la liberté

    Il a fallu la Révolution de 1789, des morts, des reculs, des batailles, des étapes sanglantes, pour imposer le droit de vote au suffrage universel égal et secret en France. Aujourd’hui encore dans le monde, il reste à conquérir. Beaucoup oublient ce que nous lui devons. Nous lui devons la république, la démocratie, la liberté. Le droit de vote est un privilège, un bien précieux que veulent toujours arracher les régimes autoritaires.
    Le 10 juillet 1940, par une loi interdite en droit constitutionnel, le régime de Vichy, a attribué au Maréchal Pétain  les pleins pouvoirs. Il faudra attendre la Libération de la France pour que le suffrage universel soit rétabli.
    1944 sera aussi l’année où les femmes acquièrent le droit de vote. Leur bataille avait été longue. Elle avait commencé à la Révolution, pour, après les sarcasmes misogynes de tant de décennies, obtenir enfin le droit de choisir.  
    Mais comme les enfants trop gâtés délaissent leurs jouets, nous oublions que ce droit est le résultat d’un long cheminement qui donne des outils à nos gouvernements, et nous laisse exprimer librement nos opinions. La République dans laquelle nous vivons nous permet de faire des choix pour notre pays, pour nos enfants.
    
    De quoi nous plaindrons nous  si nous laissons la voie libre à ceux qui hurlent avec les loups, à ceux qui veulent enchaîner la liberté, à ceux qui veulent le repli sur soi et qui propagent la haine ?
    Le très beau texte de Mandela résume à lui seul ce qu’est la conquête du droit de vote et le bonheur de l’obtenir.

Heliane Bernard & Alexandre Faure

© Aurel, pour Politis

© Aurel, pour Politis

 

Remerciements à Aurel

 

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