L’EXPOSITION « LE F.N. AU BOUT DU CRAYON » LA COORDINATION NATIONALE DES COLLECTIFS CITOYENS S’ENGAGE AU CÔTÉ DU CRAYON

Publié par Alexandre FAURE

Mardi 10 janvier 2017 | Actualité

© Chrib, "Municipales : Le FN tisse sa toile", mars 2014. © Chrib, "Municipales : Le FN tisse sa toile", mars 2014.

Plusieurs comités de vigilance nés dans les villes raflées par le parti de Marine Le Pen se sont associés au Crayon pour son projet d’exposition itinérante « Le F.N. au bout du crayon : Caricatures, dessins de presse et liberté d’expression* ». Francis José-Maria, président de Place Publique de Cogolin, l’une de ces associations citoyennes, nous livre les motivations de leur décision.

- Le Crayon : L’association citoyenne Place Publique de Cogolin que tu présides ainsi que plusieurs autres collectifs, Le Rassemblement Citoyen de Beaucaire, le Forum Républicain de Fréjus, l’Université Populaire (L’UPOP) de la Fensch à Hayange, le CRIC – Levier d’Actions Citoyennes de Mantes La Ville) affiliés à La Coordination Nationale des Collectifs Citoyens se sont  associés au Crayon pour son projet d’exposition itinérante «  Le F.N. au bout du crayon : Caricatures, dessins de presse et liberté d’expression »*, quelles sont les raisons qui ont motivé votre décision ? 

- Francis José-Maria : On assiste dans toutes les communes F.N. à une remise en cause inquiétante de la liberté d’expression des associations, des commerçants, des écoles, des collectifs citoyens, des oppositions politiques, de la presse… L’expo du Crayon est pour nous un moyen de reconquérir un espace de liberté que le F.N. cherche à étouffer dans les communes, comme il le ferait dans le pays s’il y prenait le pouvoir. 

- Le Crayon : Que redouterais-tu le plus dans le cas d’une victoire de Marine Le Pen aux prochaines élections présidentielles ?

- Francis José-Maria : La remise en cause de toutes ces libertés, bien sûr. Mais en agitant la peur et la haine des « autres différents », le F.N. exacerberait les tensions ethniques et religieuses qui pourraient faire exploser le ciment de notre cohésion sociale, la laïcité. Je redoute aussi les conséquences désastreuses d’un repli de notre pays à l’intérieur de ses frontières : effondrement économique qui frapperait les plus modestes, résurgence de conflits dont l’Europe nous a préservés… 

© Jean-Marc Héran, "La mairie de Cogolin recrute un spécialiste pour sa communication.", © Ysope, "Marc-Etienne Lansade", Le Ravi, mai 2016.

- Le Crayon : Le Front National a entrepris plusieurs procès à des associations, des journalistes, ou encore à des dessinateurs de presse ou caricaturistes. Une victoire de ce parti risquerait-elle de remettre en cause la législation sur la liberté d’expression ?

- Francis José-Maria : Habitués à vivre dans un état de droit, nous avons tendance à oublier la vraie valeur de notre liberté et avons du mal à imaginer qu’elle pourrait être remise en cause. Pourtant, l’histoire nous rappelle qu’en période de crise, des pays pourtant cultivés et civilisés ont basculé dans la dictature et la barbarie.  Rien n’est jamais acquis, y compris la liberté d’expression que nous devons défendre avec vigilance et promouvoir, comme vous le faites au Crayon. 

© Lasserpe, « Beaucaire : un élu F.N. veut considérer les chats comme des habitants. »

- Le Crayon : Dans l’histoire de l’extrême droite ou du Front National quel fait ou quelle phrase t’as le plus scandalisé ?

- Francis José-Maria : Comme de nombreux républicains respectueux de l’histoire, j’ai été profondément  choqué par les propos de Jean-Marie Le Pen sur « le détail des camps de concentration ». Les maires F.N. actuels continuent de labourer le terrain de la révision de l’histoire pour la réécrire au profit de leur idéologie. Mais ils le font avec beaucoup plus d’habileté que leur père spirituel, en créant la plus grande confusion dans le sens des mots, en se réappropriant  ceux de liberté, de laïcité… alors que leurs actes témoignent du contraire. Ce désordre sémantique est très dangereux car « le mot n’est pas la chose », celui qui le prononce n’est pas forcément porteur des valeurs que ce mot représente.

© Charmag, « Bruit de tongs à Fréjus. » dessin illustrant l’article F.N. un grand écart en trompe l’œil, Le Ravi, n°144, octobre 2016. © Na, « F.N. Fréjus » dessin illustrant l’article Bienvenue chez David « Reich-line, Le Ravi, 2014.

- Le Crayon : Les dirigeants et militants du Front National égrènent régulièrement leurs discours de mots  tels que « Traditions », ou « Racines ».  En septembre 1982, Jean-Marie Le Pen, alors président et fondateur du Front National,  présentait Jeanne d’Arc comme son personnage préféré lors de son interview au  Tribunal des Flagrants Délires.  Aujourd’hui, quelle serait selon toi la figure du passé qui collerait le mieux au F.N. ?

- Francis José-Maria : Le FN est une hydre aux nombreuses têtes. Au-delà de sa récupération honteuse de la figure de Jeanne d’Arc qui appartient à l’histoire de tous les Français, il se réfère en fonction des circonstances à Clovis, Charles Martel, aux croisés, à Valmy (sic), à Napoléon, à Maurras ou Barrès… C’est pourtant à la période de Vichy que s’apparentent le plus les discours actuels des  élus locaux F.N. sur l’identité régionale et chrétienne, le folklore, la tradition, le mythe de cette « terre qui ne mentirait pas ».

© Creseveur, « Hayange : après la couleur des sculptures, le choix des rideaux », 2014. © Rita Mercedes, dessin illustrant l’article Les indigestes cochonnailles du F.N., Le Monde, 27 octobre 2014.

- Le Crayon : Si tu avais une phrase à associer aux valeurs défendues par l’extrême droite (ou le F.N.) ?

- Francis José-Maria : Je parlerais plutôt de non valeurs défendues par le F.N. : refus des différences donc du processus de culture, activation des mimétismes de la rivalité, de la violence qui désigne son bouc émissaire, attisement des haines et des archaïsmes vieux comme le monde.

Entretien réalisé par Alexandre FAURE

Contact : alexandre.faure@lecrayon.net

* Exposition itinérante prévue pour le printemps 2017.

Cette exposition est organisée en partenariat avec France-Cartoons (Association de dessinateurs de presse francophones), ex FECO, le F.I.D.E.P (Festival International du dessin de Presse, de la Caricature et de la Satire de l’Estoque), la Coordination Nationale des Collectifs Citoyens qui se sont créés dans les diverses villes qui ont été conquises par le FN : le Rassemblement Citoyen de Beaucaire à Beaucaire, Place Publique à Cogolin, Forum Républicain à Fréjus, l’Université Populaire (l’UPOP) de la Fensch à Hayange, le CRIC - Levier d'actions citoyennes de Mantes La Ville… et l'association S.O.S. Racisme.

 

 

Autres articles concernant l'exposition "Le FN au bout du Crayon : Caricatures, dessins de presse et liberté d'expression."

- d'Alexandre Faure « Le FN au bout du crayon. Caricatures, dessins de presse et liberté d’expression » Exposition itinérante sur les « terres » du F.N : Calendrier prévisionnel

- d'Heliane Bernard : Cogolin, le FN et le crayon 

- d'Alexandre Faure : L’Exposition « Le F.N. au bout du Crayon » : "Caricatures, dessin de presse et liberté d'expression" Une exposition itinérante pour 2017".

- de Francis José-Maria : L’Exposition « Le F.N. au bout du Crayon », « La Coordination Nationale des Collectifs Citoyens  s’engage au côté du Crayon. »

- de Mireille Lando (Présidente du FIDEP) et Fathy Bourayou (Fondateur et directeur artistique du FIDEP), L'exposition «Le F.N. au bout du Crayon » : « Le FIDEP s'engage au côté du Crayon. »

 - de Pierre Ballouhey : L’Exposition « Le F.N. au bout du Crayon » : « Pierre Ballouhey Président de France Cartoons s’engage au côté du Crayon. »

- De Michel Gairaud, « Le journal Le Ravi partenaire de l’exposition « Le F.N. au bout du Crayon » 

© Charmag pour Le Ravi

Le Ravi, Enquête et satire en PACA Partenaire de l'exposition :

Le mensuel satirique d’investigation en Provence-Alpes-Côte d’Azur (diffusé chez les marchands de journaux en Paca et partout ailleurs par abonnement). Né il y a plus de treize ans entre Nice et Marseille, il est devenu un objet journalistique non identifié, un vilain petit canard qui maltraite à coup d’enquêtes ciselées et de dessins mal élevés l’actualité d’une région suffisamment caricaturale et caricaturée pour qu’on s’y penche un peu sérieusement. Le fil conducteur de sa ligne éditoriale, ouverte à tous les sujets et publics, consiste à décrypter le fonctionnement - et le dysfonctionnement - de la démocratie locale.

Pour en savoir plus sur Le Ravi : www.leravi.org

 

 

 

Dada, La première revue d'art Partenaire de l'exposition :

DadaRevue d’art mensuelle créée pour les enfants en 1991 par H. Bernard et Ch.-A. Faure, présente les artistes, les courants et les thèmes artistiques sous toutes leurs facettes des origines de l'art à nos jours. Publiée aujourd’hui par les éditions Arola, elle est dirigée par Antoine Ullmann et Christian Nobial. Avec plusieurs milliers d’écoles et de collèges parmi ses abonnés, Dada est une référence dans l’univers de l’éducation.

Dans le cadre de son partenariat avec l’exposition « Le F.N. au bout du Crayon : Caricatures, dessins de presse et liberté d’expression » elle consacrera un numéro à l’histoire de la caricature dont la parution est prévue pour juin 2017.

Autres articles émanant de Collectifs citoyens :

- De Francis José-Maria :

Parole à Place Publique, collectif de Citoyens Cogolinois :  « La chanson « Aïcha » jugée indésirable à l’école par le maire F.N. de Cogolin. »

Parole à Place Publique, collectif de Citoyens Cogolinois : « Destruction d’un campement de Roms : La vidéo infâme du maire FN de Cogolin. »

- De Marie-José De Azevedo :

Parole à Forum Républicain, collectif de Citoyens de Fréjus : « L’indépendance de la presse dans une ville Front National. »

Remerciements à :  Alex, Babouse, Bar, Charmag, Chimulus, Chrib, Christian, Creseveur, Deloire, Félix, Olivier Ganan, Jean-Marc Héran, Ignace, Catherine Créhange, alias Kat, Lasserpe, Luz, Rita Mercedes, Na, Pétillon, Placide, Ysope,

Hommage à : Charb.

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