S'IL TE PLAIT... DESSINE-MOI LES RESEAUX SOCIAUX ! CONCOURS DE DESSIN 2018-2019

Artistes d’aujourd’hui, citoyens de demain ! S’exprimer sur la Toile, la liberté d’expression à l’épreuve du net.

Cette année, Le Crayon invite une fois de plus tous les enfants, collégiens et adolescents, des plus petits aux plus grands,  à dessiner sur la thématique des réseaux sociaux.

Internet, UN ESPACE DE LIBERTÉ D'EXPRESSION ?

Internet est, comme le fut et le reste l'imprimerie, un outil fabuleux pour mieux connaître notre monde et approcher les autres. Outil de recherche, de communication, de dialogue... son utilisation n'est cependant pas sans dangers. Évaluer l'information, exercer notre sens critique, respecter les règles du vivre ensemble, le droit d'auteur... sont autant de principes déontologiques à ne pas oublier. En attendant, nous vous proposons de faire un petit détour, le temps d’un voyage sur l’astéroïde B612 en compagnie du Petit Prince.

De gauche à droite : caricature publiée dans Ouest France, © Saad Jalal

Fake news, rumeurs sur Internet, le Petit Prince s’inquiète.

1943… 2018, le temps a passé. Désormais le Petit Prince vit en harmonie sur son astéroïde B612. Mais depuis quelques temps, le son de multiples  petits clics ou de paroles insensées  troublent le calme de sa vie paisible. « Clique, clique  sur la souris, contrôle alt suppr ! tweete, tchate, Snap chat, what’s Ap, Ashtag ,  t’es Geek? tu like ?  … » Cette cacophonie vient de la Terre,  c’est certain !

Un jour,  il entend même une rumeur ! Elle parle d’Internet, une planète virtuelle ! On y  passe tout son temps. En un clic on se fait plein d’amis ! On communique continuellement,  on se dit tout, on n’ se dit rien,  il n’y a plus de jours, ni de nuits ! Bref, la liberté est absolue ! Mais, depuis peu,  on dit aussi que des phénomènes étranges s’y déroulent. On soupçonne l’existence d’un monstre sanguinaire qui infligerait à ses proies crédules un lavage de cerveau, les transformant en zombies , en véritables machines à idées noires. Tout irait de travers : Les amis deviendraient ennemis, les parents ne reconnaitraient  plus leurs enfants,  on ne distinguerait plus le vrai et le faux !

Le Petit Prince est bouleversé. Quel est donc cet astéroïde ?  Un paradis illusoire ou un véritable enfer ? Que sont devenus ses amis, l’Aviateur, le Renard qui lui ont tant appris ?  Le renard ne s'est-il pas transformé en loup ? « On ne voit bien qu'avec le cœur. L'essentiel est invisible pour les yeux », lui avaient ils dit. « Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé », « c'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante », « droit devant soi on ne peut pas aller bien loin ».

 Alors, il décide d’envoyer un message à chacun qu’il conclut ainsi :

« Et s’il te plait, dessine- moi les réseaux sociaux !

 Bien à toi, ton  ami, Le Petit Prince. »

Valérie DIREZ

RÈGLEMENT DU CONCOURS :

ARTICLE 1 (PARTICIPANTS)

Le concours est ouvert à :

- L’ensemble des élèves des classes du C.P. à la Terminale des écoles et établissements scolaires publics et privés,

- Ainsi qu'à titre individuel pour les jeunes de 6 à 18 ans.

ARTICLE 2 (CATÉGORIES)

Les participants concourent dans la catégorie correspondant à leur niveau scolaire :

Catégorie 1 : Écoles primaires

Catégorie 2 : Collège

Catégorie 3 : Lycées

ARTICLE 3 (OBJET)

Les dessins présentés illustreront le thème : S’il te plait…Dessine-moi les réseaux sociaux

ARTICLE 4 (ENVOIS)

Les dessins doivent parvenir a l’Association Le Crayon avant le 25 décembre 2018 dernier délai par voie postale : Le Crayon, BP14, 83350 Ramatuelle

ARTICLE 5 (TECHNIQUES & FORMATS)

Tout dessin doit répondre aux caractéristiques suivantes :
La technique utilisée est laissée au libre choix de son auteur : dessin au trait, aquarelle, gouache, collage, palette graphique… 
Envoi postal : format A4
Impératif : au dos de chaque dessin envoyé par courrier, mentionner : nom, prénom, classe et établissement scolaire ou adresse personnelle dans le cas d'un envoi à titre individuel.

ARTICLE 6 (JURY)

Un jury composé de représentants de l’association Le Crayon, de professionnels de la presse écrite et d’enseignants désignera un lauréat pour chacune des catégories.

ARTICLE 7 (REMISE DES PRIX)

Les lauréats seront récompensés lors de la remise des prix organisée par Le Crayon le 12 janvier 2019 à la médiathèque du Carré Gaumont à Sainte-Maxime (Var).

ARTICLE 8 (DROITS)

Tout candidat autorise par sa participation l’association Le Crayon à représenter et à reproduire sa contribution par tout procédé à titre gracieux et non exclusif dans le cadre de leur promotion, valorisation et communication au public dans le cadre de journaux ou revues partenaires de l’association pour le Concours.

CONTACT CONCOURS : 

Valérie Direz Responsable des relations avec les milieux éducatifs pour l'association Le Crayon.

valeriedirez@hotmail.com

PISTES DE RÉFLEXION & LEXIQUE :

CRÉER DES LIENS ?

 

De haut en bas et de gauche à droite : © Liam Walsh / © Angel Boligán / Pawel Kuczynski / © Latif Fytyani

 

Amis ?

De gauche à droite : © John Lund / © Antoine-Moreau-Dusault

 

N'ÊTRE JAMAIS SEUL ?

© Jean Jullien

 

LIBRES ? 

De haut en bas et de gauche à droite : © Auteur inconnu / © Frizou/ © Renn

 

S'informer ? 

De gauche à droite : © Pawel Kuczynski / © Steve Cutts

 

fake news / rumeurS

De gauche à droite : © Elihu Duayer / © Jiho / © Asaf Hanuka

 

Des «USINES À CLICS»

De gauche à droite : © Diego Aragena / © John Holcroft

 

 

vie privée / mise en scène de soi ?

De gauche à droite : © Pawel Kuczynski / © Asaf Hanuka

 

 

LES DANGERS DE LA TRANSPARENCE :

De gauche à droite : © Wingz & © Ivars

De gauche à droite : © Cambon & © Xavier Gorce

 

LA PAROLE LIBÉRÉE

De gauche à droite : © Liza Donnelly & © Trax

 

 

CENSEURS & CENSURE 

De gauche à droite : © Pawel Kuczynski / © Kianoush Ramezani

 

 

SOUS SURVEILLANCE :

De gauche à droite : © Pawel Kuczynski / © Benjamin Loveluck

 

 

Droits À L'IMAGE, DROITS d'auteurs?

© Azam

 

 

LIRE?

© Kate

 

SELFIES ET MISES EN SCÈNE DE SOI

De gauche à droite : © Dave Coverly © Matt Groening Selfie Simpsons

 

En Musique :

 Exemple : Chanson et clip de Stromae : CARMEN

 

EN ARTS PLASTIQUES :

Exemples :

Citations et hommages :

De gauche à drpite et de haut en bas : Delacroix, © Plantu & © Ballouhey

De gauche à droite : © Chappatte & © Oliver Schopf

 

De l'autoportrait aux selfies :

© Warhol

 

La toile / les réseaux, le cheminement :

© Antonin Laval

 

Emoticons & symboles :

 

 

Regards d’artistes :

Thomas Cheneseau scrute et sculpte les réseaux sociaux, imagine un dispositif d’exposition pour conjuguer le médium Facebook : JE like, TU likes … UNLIKE ! ».« Bashing sur Facebook. Il est temps de montrer du doigt celui qui a imposé le « like » comme seule posture enthousiaste de notre société. 

EN LITTÉRATURE :

Bibliographie :

Romans dystopiques :

1984, G. Orwell, 1949

Un bonheur insoutenable (titre original : This Perfect Day), Ira Levin, 1970.

Le cercle, (titre original : The Circle), Dave Eggers, 2013, l'ouvrage a fait l'objet d'une adaptation au cinéma en 2017, The Circle réalisée par James Ponsoldt, avec Emma Watson dans le rôle de Mae Holland. 

PROPOS DE CARICATURISTES :

Damien GLEZ : Scénariste, journaliste et dessinateur de presse, il vit et travaille à Ouagadoudou (Burkina-Faso). 

« Les réseaux sociaux démultiplient les réactions à nos dessins. Ils permettent aussi de transformer, voire de manipuler les œuvres très rapidement. Les choses ont commencé à changer pour nous bien avant l’année 2015 et la tuerie de Charlie Hebdo, avec la circulation des images par le Net vers des zones géographiques nouvelles, entraînant la confrontation d’un dessin et d’un public auquel il n’est pas forcément adapté. Pas seulement parce qu’on ne rit pas de tout avec tout le monde, mais parce qu’un cartoon charrie des codes culturels. Et vouloir faire un dessin universel, c’est prendre le risque de l’appauvrir… J’ai vu des journalistes assassinés au Burkina Faso. Puis ce fut le tour de mes amis (Tignous, Wolinski, Cabu…) à Charlie Hebdo.

En 2016, j’ai eu des problèmes avec des religieux sénégalais [suite au détournement d’un dessin, ndlr] : cette histoire a pris des proportions énormes et a suscité des interprétations fantaisistes, voire des fake news. J’ai reçu des menaces de mort. C’est allé très loin, puisque ma mort tant souhaitée a même été annoncée, avec photo à l’appui de mon présumé accident de voiture en Belgique. Tout cela ne doit pas faire oublier les côtés très appréciables offerts par Internet : la rapidité et l’instantanéité de diffusion, et l’interactivité des réseaux sociaux qui nous permettent à réagir à chaud, et graphiquement, par exemple, aux attentats terroristes comme ceux que Ouagadougou a connu en mars dernier ».

GLEZ (Propos recueillis par Emmanuelle Skyvington pour Télérama, Juin 2018)

© Damien Glez

 

MYKAÎA : Dessinateur humoristique de presse et storyboarder, il a grandi et exercé à Tunis, avant de s'installer à Paris. Il croque l'actualité à la télévision dans 28 minutes (Arte), Flash Talk (France Ô)…

« L’explosion des réseaux sociaux a changé la donne pour les dessinateurs de presse. Avant, on travaillait pour des journaux et leurs lectorats constitués d’habitués. Aujourd’hui, tout dessin est visible partout, de New York à Kandahar. Ayant grandi dans un pays, la Tunisie, à forte pression policière, j’ai pris conscience rapidement de ces dangers, avec pas mal d’interrogations. Est-ce à dire, à l’heure où tout dessin peut circuler partout instantanément, qu’on va trouver un humour qui conviendra à la planète entière ? Bien sûr que non. Mon objectif, quand mes dessins circulent de façon virale, c’est d’obtenir un rictus ou un petit rire jaune qui va peut être faire plus réfléchir qu’une grande poilade. Un petit “hein, hein…” et je suis comblé. C’est ce décalage qui m’intéresse. On est tous différents en tant que dessinateurs. Moi, j’ai creusé ce sillon-là. Après, y a-t-il une limite ? En ce qui me concerne, cette limite ne peut en aucun cas être dictée par le fait qu’on est de plus en plus nombreux à voir les dessins. Et encore moins par quelqu’un qui va décider tout à coup pour moi que je n’ai pas le droit de dessiner. Il y a une pédagogie à mener autour des réseaux sociaux, qui sont actuellement un défouloir incroyable, avec des lettres d’injures à ciel ouvert. Si je critique la politique de Netanyahou dans les colonies, je suis immédiatement traité d’antisémite par une communauté. Si je dis quelque chose sur la Hamas, je suis islamophobe... Au bout d’un moment, je ne les lis plus les commentaires… »

MYKAÎA (Propos recueillis par Emmanuelle Skyvington pour Télérama, Juin 2018)

 

© Mykaïa

 

 

PLANTU : Ses dessins en une du Monde sont un rendez-vous quotidien depuis 1985. Il a par ailleurs créé l'association internationale Cartooning for peace. (Propos recueillis par pour Télérama, Juin 2018)

« On vit dans un monde de clics, où les réseaux sociaux font la loi. Malheureusement, l’intolérance s’est installée sur Facebook et Twitter. Et un dessin mal compris, mal interprété, voire manipulé, peut se retourner contre son auteur. Je pense notamment à ce qui est arrivé aux dessinateurs danois dont les caricatures ont été manipulées. Actuellement, nos démocraties ne sont pas prêtes à gérer la boîte de Pandore des réseaux sociaux, qui sont évidemment des outils géniaux. Tous les jours, je reçois beaucoup de commentaires sur mon blog et ma page Facebook. Je constate le même type de réactions à chaud : les gens réagissent au dessin du jour (Macron et les catholiques, les frappes en Syrie, la grève perlée des cheminots…), ils commentent, me traitent d’antisémite ou d’antimusulman, sans même aller regarder le dessin que j’ai fait la veille pour défendre un Palestinien ou un Israëlien. »

PLANTU (Propos recueillis par Emmanuelle Skyvington pour Télérama, Juin 2018)

© Plantu

 

TRAX ; Activiste antipub, militante et ex-avocate, Trax est dessinatrice de presse indépendante. Elle revisite ici la novlangue, inventée par George Orwell pour son roman 1984, publié en 1949.

« Je tiens un blog. Par ce biais, je participe aux campagnes de soutien pour des dessinateurs emprisonnés. En revanche, je ne suis pas sur les réseaux sociaux. A ce titre, je considère que le problème de Charlie Hebdo ne venait pas de la rédaction mais des réseaux sociaux : les dessinateurs ont fait des dessins pour le lectorat du journal. Mais sur les réseaux sociaux, il y a des gens qui attrapent votre dessin et le manipulent. C’est ce qui est arrivé aux caricatures danoises manipulées des mois plus tard. En ce moment, quand je vois ce qui se passe avec Facebook et l’affaire de la collecte des données personnelles, je me réjouis de ne pas faire partie de tout ce système. En revanche, les réseaux sociaux sont des sources d’inspiration pour mon travail : outre la politique et le féminisme, je m’intéresse à ce qu’on peut qualifier de “délire technologique”. Par ailleurs, j’ai trouvé terrible la campagne “Balance ton porc” et ces appels à la délation. Tous ces débordements ont éveillé mon passé d’avocate et mon esprit naturel de contradiction. »

TRAX (Propos recueillis par Emmanuelle Skyvington pour Télérama, Juin 2018)

 

© Trax

 

 

 

Site ressource du ministère de l’Education Nationale SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX: